
Pourquoi semble-t-il de plus en plus difficile de bien travailler dans une entreprise ?
Spoiler : ce n’est pas vous. C’est la complexité.
Mais il y a aussi une solution : l’agilité commerciale.
Dans ce billet, je partage des idées pratiques (et sans fumée) sur la façon dont l’agilité commerciale vous aide à naviguer dans un environnement de contradictions, sans mourir d’essayer.
Bienvenue dans l’ère de la complexité (et de la contradiction).
Imaginez que l’on vous demande de lancer un produit bon marché et de haute qualité. Un produit qui arrive rapidement, qui est fiable, qui s’adapte à chaque client et qui est normalisé à l’échelle mondiale. Oh, et qu’il soit également innovant et efficace.
Oui, cela ressemble à une blague… mais c’est le quotidien de nombreuses organisations.
Comme l’explique Yves Morieux :
« La complexité de l’entreprise découle de la nécessité de satisfaire simultanément des exigences de performance multiples, souvent contradictoires.
Et c’est vrai. Nous voulons des coûts bas et de la qualité, de la rapidité et de la fiabilité, de la standardisation et de la personnalisation, de l’innovation et de l’efficacité, de la cohérence mondiale et de l’adaptation locale.

La contradiction en action : le coût caché de l’impossible
La fiabilité nécessite des contrôles, qui ralentissent la vitesse.
L’innovation nécessite un premier essai.
L’efficacité est basée sur la répétition à de nombreuses reprises.
Et à mesure que l’environnement devient plus exigeant, la complexité organisationnelle s’accroît de manière incontrôlée :
plus de couches, de processus, de mesures, de systèmes, de rapports, de réunions…
Dans le cadre de nos transformations organisationnelles, nous le constatons régulièrement : les entreprises tentent de répondre à la complexité… en ajoutant encore plus de complexité interne.
Le résultat ?
Stressés, déconcentrés, pris au piège des réunions et des tableaux de bord. Le sens se perd. Le courage se perd.
Ce n’est pas seulement un problème pour les grandes entreprises
Il ne s’agit pas d’une bizarrerie de la Silicon Valley.
C’est la nouvelle norme mondiale. Les entreprises de tous les secteurs sont en concurrence pour satisfaire les clients, les employés, les investisseurs, les régulateurs… et même l’algorithme de LinkedIn.
Et ce, alors que leur système interne devient de plus en plus rigide, lent et difficile à comprendre.
Dans le cadre de nos activités de conseil en organisation, nous travaillons avec des organisations saturées par des structures qui se chevauchent et des chaînes de décision interminables. Les équipes n’échouent pas par manque de talent, mais parce que le système les retient.
La grande erreur : répondre à la complexité … par plus de complexité
La complexité de l’environnement peut être une source d’innovation.
Le problème se pose lorsque la réponse organisationnelle à cette complexité consiste à créer plus de processus, plus de contrôles, plus de bureaucratie. Nous savons comment cela se termine.
En fait, on estime que dans la plupart des organisations, les managers passent 40 % de leur temps à rédiger des rapports et 30 % à participer à des réunions. Il leur reste donc tout au plus 30 % à consacrer à leurs équipes. Les équipes sont donc mal gérées. Elles travaillent dans la mauvaise direction, sans les bons conseils.
Ce labyrinthe organisationnel est désorientant. Les gens perdent leur concentration, leur motivation et leur sens du travail. Et le pire : ils s’habituent à travailler beaucoup… sans générer de valeur.

La complexité comme avantage concurrentiel
Il n’y a pas que des drames.
Chaque fois qu’une entreprise résout intelligemment des contradictions, elle en tire un avantage :
H&M allie mode et prix abordables.
Netflix propose une multitude de contenus personnalisés.
Southwest Airlines opère de manière rapide et fiable.
Amazon a intégré sa logistique à la valeur de sa marque.
Ces organisations ne gagnent pas parce qu’elles travaillent plus dur. Elles gagnent parce qu’elles s ‘organisent mieux.
Elles ont repensé leurs modèles opérationnels pour mieux s’adapter.
C’est l’agilité commerciale en action.
C’est là qu’interviennent l’agilité et la complexité de l’entreprise.
L’agilité commerciale n’est ni une méthodologie ni un cadre.
Il s’agit d’une compétence organisationnelle: la capacité de changer, d’apprendre et de faire pivoter la stratégie de l’entreprise pour s’adapter rapidement et prospérer.
L’agilité commerciale est la capacité organisationnelle de changer, d’apprendre et de faire pivoter la stratégie commerciale pour s’adapter rapidement et prospérer.
Et vous ne l’achetez pas sur Amazon ou ne le téléchargez pas dans un plugin. Elle se construit. Elle se forme. Vous la vivez.
« L’agilité des entreprises est ce qui vous permet de transformer le changement en avantage concurrentiel. Grâce à nos services de conseil en agilité, nous aidons les organisations à développer cette capacité pour en faire un avantage concurrentiel durable.
Les 6 piliers de l’agilité de l’entreprise
En guise de synchronisation, lorsque nous parlons d’agilité et de complexité des entreprises, rappelons les 6 domaines de l’agilité des entreprises
- Centrage sur le client : concevoir en plaçant le client au centre. Cela signifie prendre des décisions du point de vue de l’utilisateur final, et non à partir de silos internes. Cela implique d’écouter, de faire preuve d’empathie, d’observer et, surtout, de donner la priorité à ce qui apporte une valeur réelle au client plutôt qu’à ce qui « convient » à la structure interne.
- Expérience client : vivre l’expérience client et l’améliorer en permanence. Cela va bien au-delà des enquêtes de satisfaction. Il s’agit de cartographier l’ensemble du parcours de l’utilisateur, d’identifier les points de friction et de concevoir des expériences mémorables qui fidélisent. Une expérience exceptionnelle est souvent plus efficace que le meilleur marketing.
- Agile : un état d’esprit axé sur l’adaptabilité, l’itération et la collaboration. Il ne s’agit pas d’appliquer Scrum ou Kanban et c’est tout. Il s’agit d’adopter une culture dans laquelle les équipes produisent de la valeur en cycles courts, tirent des enseignements du retour d’expérience et s’adaptent rapidement. Où la collaboration prime sur la hiérarchie et la planification réaliste sur l’illusion du contrôle.
- Lean: faire plus avec moins, éliminer les gaspillages. Le Lean nous rappelle que le travail ne consiste pas seulement à faire, mais aussi à cesser de faire ce qui n’apporte pas de valeur ajoutée. L’identification des goulets d’étranglement, de la bureaucratie inutile, des doublons et des processus superflus peut libérer beaucoup d’énergie et de talents qui sont actuellement pris au piège de l’inertie.
- Design Thinking : résoudre des problèmes en plaçant l’homme au centre. Il s’agit d’une méthodologie (et d’un état d’esprit) permettant d’aborder des problèmes complexes par l’empathie, la créativité et l’expérimentation. Elle nous permet de passer de « cela a toujours été fait de cette façon » à « essayons une nouvelle façon » de manière structurée, en validant avec de vrais utilisateurs.
- Portefeuille de l’innovation: gérer l’innovation comme un système vivant et équilibré. L’innovation ne consiste pas à organiser des hackathons en toute liberté ou à avoir une équipe cachée dans une pièce remplie de post-its. Il s’agit de gérer un portefeuille d’initiatives présentant différents niveaux de risque et d’impact, allant d’améliorations progressives à des paris perturbateurs. Comme pour un bon investissement, vous devez diversifier et tirer des enseignements de chaque expérience.

Ces dimensions fonctionnent comme un GPS pour toute organisation moderne qui souhaite réduire la complexité organisationnelle et être plus réactive à l’environnement.
Réduire la complexité organisationnelle : 6 règles qui changent la donne
Inspirés du travail d’Yves Morieux, voici six principes pour survivre et se démarquer :
Comprenez ce que font réellement vos collaborateurs
Moins d’organigrammes, plus d’observations directes. Identifiez les véritables flux de valeur.Renforcer les intégrateurs
Ce n’est pas un titre de poste, c’est un rôle. Ce sont eux qui relient les silos et résolvent les tensions. Ils jouent un rôle clé dans la conduite du changement culturel.Augmentez le pouvoir disponible
Ne centralisez pas tout. Donnez du pouvoir aux décisions proches du client. Avec du contexte, pas seulement de l’autorité.Encouragez la réciprocité
Moins de tâches assignées, plus d’accords partagés. « Je t’aide, tu m’aides » comme base opérationnelle.Élargissez l’ombre de l’avenir
Un retour d’information rapide, des conséquences claires. Finis les KPI vides de sens : place à une véritable responsabilisation.Récompensez la coopération, responsabilisez la déconnexion
La culture n’est pas ce que vous dites, c’est ce que vous tolérez et reconnaissez.

Ces règles créent un environnement où l ‘autonomie s’épanouit sans se transformer en chaos, et où la collaboration n’est plus un joli signe mais une pratique courante.
Exemples concrets d’agilité de l’entreprise par rapport à la complexité
Michelin: parier sur des pneus qui durent plus longtemps. Moins de ventes aujourd’hui, leadership demain.
Spotify: la personnalisation de masse se standardise.
Amazon: les retours font partie de la valeur, ce n’est pas un problème.
Tous ces cas montrent que la simplicité bien conçue est la meilleure réponse à la complexité extérieure.
Mais pourquoi toutes les entreprises ne le font-elles pas ?
La théorie est claire. Les avantages le sont aussi. Alors…
« Si l’agilité commerciale est si avantageuse… pourquoi diable tout le monde ne l’adopte-t-il pas ? pourquoi diable tout le monde ne l’adopte-t-il pas ? »
Deux raisons très humaines :
- Parce qu’il faut du temps et un changement de mentalité.
- Parce que l’urgent tue l’important.
Il existe une image mythique : deux hommes des cavernes traînant un chariot à roues carrées. Quelqu’un leur propose des roues rondes et ils répondent : « nous n’avons pas le temps ».
Triste, mais réel.
L’agilité et la complexité organisationnelles ne sont pas une destination. C’est un chemin.
Il n’existe pas de « niveau final d’agilité ». Il s’agit d’une pratique continue :
- Écoutez mieux.
- Expérimentez plus.
- Apprentissage rapide.
- Adaptez-vous si nécessaire.
Il s’agit d’échanger « le contrôle et l’efficacité » contre « la confiance et l’évolution continue ».
Et ça, mon ami lecteur, ça fait mal. Mais cela libère aussi.
En bref

✔️ Le monde est de plus en plus complexe.
✔️ La réponse n’est pas plus de bureaucratie, mais une meilleure adaptabilité.
✔️ L’agilité commerciale transforme cette complexité en avantage.
✔️ Elle n’est pas imposée : elle se pratique, se construit et se forme.
Voulez-vous vous engager sur cette voie ? Avec SmartWay, nous vous aidons :
La complexité ne va pas disparaître. Mais vous pouvez changer la façon dont vous la gérez.
Combien de processus dans votre entreprise existent simplement pour survivre à la complexité… plutôt que pour la résoudre ?
